Découvrir les paysages du Miey de Béarn

vendredi 17 février 2012, par Communauté de communes du Miey de Béarn

Le territoire constitué de 14 communes offre des paysages variés sur les 3 secteurs constituant le Miey de Béarn :
- Le Pont Long, un peu d’Ossau au Nord de Pau
- Le vignoble des coteaux de Jurançon
- Les saligues du gave de Pau


Le Pont Long, un peu d’Ossau au Nord de Pau

mercredi 30 mai 2012, par Communauté de communes du Miey de Béarn


  • Situé au Nord de Pau, le Pont Long est un plateau, faiblement ondulé, ayant la forme d’une pointe de flèche, qui s’étend entre Sendets et Mazerolles, sur 20km de longueur et environ 5 km de largeur .

    Cette étendue, autrefois marécageuse (origine possible « Pal Loung » signifiant long marécage), rappelait la toundra scandinave, avec ses abondants bouleaux et ses tourbières à sphaignes et plantes insectivores, héritage des glaciations qui ont marqué la région, il y a plusieurs dizaines de milliers d’années.

    Longtemps considérée comme terrain infertile, cette immense plaine inculte, a pourtant offert ses maigres pâturages de joncs, de thuyas et de bruyères à des générations de bergers ossalois en transhumance d’hiver avec leurs troupeaux d’ovins et de bovins, entre leurs vallées et les prairies du Bazadais et du Bordelais.

    Bien que pauvres et mal drainées, ces terres, dont les pasteurs ossalois «  nomades  » jouissaient déjà au XIIème siècle, furent longtemps une pomme de discorde entre eux et les riverains sédentaires, palois et autres habitants des coteaux. Il y eut des conflits, des expéditions punitives d’Ossalois jusque dans Pau et, parfois, des victimes.

    Pourtant, vers 1130, Centule IV vicomte de Béarn obtint des ossalois tout le territoire compris entre la rive du gave et une ligne formée par 3 pieux, pour construire un châtelet dominant le Gave de Pau. Le châtelet puis la ville de Pau se sont édifiés sur ce territoire (en béarnais pieu se dit Pau).

    Vers 1775, les troupeaux béarnais furent décimés par une épizootie. Il y eut un déclin de la transhumance, ce qui minimisa l’importance du Pont-Long. Par la suite, les brebis prirent le dessus sur les vaches dans l’économie agro-pastorale des bergers ossalois.
    En 1836, les Ossalois acceptèrent que les landes du Pont-Long soient partagées en deux et adjugées en toute propriété, une moitié à la vallée d’Ossau et l’autre entre les 31 communes environnantes. Les plus grosses parts revinrent à Pau (15 %), Lescar (9 %), Morlaàs (8 %) et Maucor (7 %).

    En 1853, la communauté Ossaloise (18 communes copropriétaires) se scinda en deux. Le Haut Ossau (autour de Laruns) et le Bas Ossau (autour d’Arudy) se partagèrent leur moitié du Pont Long. En 1865, le Bas Ossau, propriétaire de 1018ha, vendit sa part.

    Un siècle plus tard, la mécanisation agricole, les travaux de drainage et l’apport d’amendements calcaires permirent progressivement la mise en culture de ces landes infertiles.

    Autour de petites exploitations, la culture du maïs s’est ainsi développée et imposée dans le paysage du Pont Long. Mais aujourd’hui les cultures maraîchères se sont installées ainsi que les prairies où paissent par périodes "les blondes d’Aquitaine".

    Au début du XXème siècle, le Pont Long vécut une autre «  révolution  ». Connue pour son climat sans vent, la région fut conseillée aux pionniers américains de l’aéronautique, les frères Wright.

    Aujourd’hui, au milieu du développement péri-urbain et des unités industrielles, le Pont Long accueille l’aéroport civil Pau-Pyrénées ainsi que la base militaire des troupes aéroportées du 5ème régiment d’hélicoptères de combat.

    Il y a longtemps déjà que la modernité et l’effervescence de ces lieux ont fait oublier les landes austères et silencieuses du Moyen Âge.

    Le vignoble des coteaux de Jurançon

    mercredi 30 mai 2012, par Communauté de communes du Miey de Béarn


  • Dans leur robe dorée par le soleil d’été que le vent chaud de Balaguère glissant des montagnes dessèche aux dernières heures de l’automne les grappes de grains de petits et de gros manseng ou de courbu gardent la puissance et l’originalité d’un terroir venu des montagnes.
    C’est ce dont témoignent en effet les innombrables galets qui tapissent la surface du sol, dans le fond des vallées cultivées ou pâturées, comme sur les flancs des collines environnantes.

    Un œil attentif reconnaît ici et là un granite du Soussouéou ou d’Arrémoulit, ou encore une ophite, une roche volcanique… déposés là au temps où d’impétueux torrents charriaient leurs «  wagons  » de galets, directement descendus des montagnes d’Ossau.

    Ces collines aux flancs abrupts et souvent instables, étaient couvertes de bois où dominaient le chêne, le châtaignier, le frêne et le noisetier.
    Le fond des vallées était humide mais permettait une culture et un élevage de subsistance. Sur les lignes de crêtes, les bergers, en transhumance avec leurs troupeaux, avaient tracé des chemins de plus en plus creux, bordés d’arbres têtards, noueux et aux cicatrices innombrables.

    Au Moyen Âge, avec le développement des monastères, s’est fait l’encépage des meilleures parcelles, à la fois bien exposées au Sud et propices aux travaux du vigneron. Evitant le fond des vallées trop humide et plus frais, les défricheurs «  faiseurs de vin  » ont dégagé et aménagé des terrasses.

    Là, à flanc de colline, ils ont conduit leurs vignes «  en hautain  », à l’aide de pieux d’acacia ou de châtaignier de 2m de hauteur, pour éviter l’effet dévastateur des premières gelées de fin d’automne.

    Il n’y a pas un, mais des Jurançons. Les spécialistes distinguent ainsi trois terroirs  :
    • autour de chapelle de Rousse, où les «  poudingues de Jurançon  » contiennent de nombreux galets calcaires  ;
    • autour de Lasseube, où le flysch et les « calcaires de Lasseube » sont moins propices à la vigne  ;
    • autour de Monein, où le sous-sol principalement mollassique offre aussi des vallées plus ouvertes.

    Peu marquées dans le paysage, ces différences se rencontrent plus facilement au fond du verre… puis dans la bouche du gourmet.
    Les vins de Jurançon, joyaux lentement façonnés par des orfèvres patients, amoureux du plaisir de partager le fruit de leur travail et de leur art, se font plus doux ou plus acidulés, plus parfumés ou plus vifs  : notes aériennes de fleurs blanches, sonorités envoûtantes de fruits exotiques, d’agrumes, pointes épicées ou rondeur mielleuse…

    Quelques notes font mille symphonies… à déguster avec modération.

    Les saligues du gave de Pau

    mercredi 30 mai 2012, par Communauté de communes du Miey de Béarn


  • Capricieuse rivière aux colères torrentielles, le gave de Pau étendait autrefois ses chenaux en tresses divagantes sur une bande large de plusieurs centaines de mètres, à l’aval du gué de Pau, entre Billère, Denguin et Artix.

    Modifiés par les puissantes crues de printemps ou d’automne, souvent gonflés par la fonte des neiges pyrénéennes, les bras du gave serpentaient au milieu des bancs de galets, des îles et des îlots, qui avaient à peine le temps de se couvrir d’arbustes puis d’arbres avant d’être remaniés par la puissance des flots.

    Pionniers aimant l’humidité et les alluvions riches, ne craignant pas d’être bousculés par les vagues et les remous, les saules étaient les maîtres des lieux.

    La saligue, vaste forêt alluviale en perpétuelle évolution, s’étendait sur toute la zone que le gave pouvait occuper, d’une crue à l’autre. Même pour les riverains, c’était un milieu mystérieux et fascinant, foisonnant et inquiétant, difficile à pénétrer, impossible à maîtriser.

    Source de bois mort pour le chauffage et le petit artisanat, de sable et de galets pour la construction des maisons béarnaises, de plantes médicinales, d’oiseaux et de gibiers pour la viande ou la fourrure, la saligue était ainsi le royaume des chasseurs, des pêcheurs et… des braconniers. Celui qui osait s’y aventurer avait toute les chances d’y être bien servi, à condition de ne pas se perdre dans ce labyrinthe de chenaux et de bras morts.

    Avec le développement des villes et de la mécanisation, dans les années 50 et, surtout 60 et 70, le gave a attiré les entrepreneurs à la recherche de matériaux peu chers, abondants, faciles à exploiter et «  renouvelables  » pour construire, ici une route ou un pont, là une cité ou une zone commerciale.

    Curé et récuré, privé des galets qu’il aime faire rouler et chanter, le gave s’est rapidement encaissé dans un lit devenu plus étroit, méandreux, mais plus stable, plus «  sage  » diront certains.Abattue, remaniée, desséchée par l’enfoncement des nappes phréatiques, la saligue s’est transformée, a disparu et a souvent été remplacée par des aménagements et des infrastructures, par des cultures irriguées ou des plans d’eau d’anciennes gravières.

    En pleine mutation, avec la prédominance croissante de nouvelles espèces d’arbres ou d’arbustes moins inféodées à la présence ou à la proximité de l’eau, sillonnée par des pistes et des sentiers, la saligue, même devenue «  sèche  », offre encore aux curieux et aux promeneurs un lieu de détente et de découverte au bord du gave assagi.

    Semblant imperturbables devant ces mutations, les hérons cendrés et les aigrettes blanches continuent leur pêche patiente dans les eaux claires et fraîches de la rivière.