Vous êtes dans la rubrique

Le territoire du Miey de Béarn/

publié par

Communauté de communes du Miey de Béarn

Partager cet article

Le vignoble des coteaux de Jurançon

mercredi 30 mai 2012, par Communauté de communes du Miey de Béarn

Dans leur robe dorée par le soleil d’été que le vent chaud de Balaguère glissant des montagnes dessèche aux dernières heures de l’automne les grappes de grains de petits et de gros manseng ou de courbu gardent la puissance et l’originalité d’un terroir venu des montagnes.
C’est ce dont témoignent en effet les innombrables galets qui tapissent la surface du sol, dans le fond des vallées cultivées ou pâturées, comme sur les flancs des collines environnantes.

Un œil attentif reconnaît ici et là un granite du Soussouéou ou d’Arrémoulit, ou encore une ophite, une roche volcanique… déposés là au temps où d’impétueux torrents charriaient leurs «  wagons  » de galets, directement descendus des montagnes d’Ossau.

Ces collines aux flancs abrupts et souvent instables, étaient couvertes de bois où dominaient le chêne, le châtaignier, le frêne et le noisetier.
Le fond des vallées était humide mais permettait une culture et un élevage de subsistance. Sur les lignes de crêtes, les bergers, en transhumance avec leurs troupeaux, avaient tracé des chemins de plus en plus creux, bordés d’arbres têtards, noueux et aux cicatrices innombrables.

Au Moyen Âge, avec le développement des monastères, s’est fait l’encépage des meilleures parcelles, à la fois bien exposées au Sud et propices aux travaux du vigneron. Evitant le fond des vallées trop humide et plus frais, les défricheurs «  faiseurs de vin  » ont dégagé et aménagé des terrasses.

Là, à flanc de colline, ils ont conduit leurs vignes «  en hautain  », à l’aide de pieux d’acacia ou de châtaignier de 2m de hauteur, pour éviter l’effet dévastateur des premières gelées de fin d’automne.

Il n’y a pas un, mais des Jurançons. Les spécialistes distinguent ainsi trois terroirs  :
• autour de chapelle de Rousse, où les «  poudingues de Jurançon  » contiennent de nombreux galets calcaires  ;
• autour de Lasseube, où le flysch et les « calcaires de Lasseube » sont moins propices à la vigne  ;
• autour de Monein, où le sous-sol principalement mollassique offre aussi des vallées plus ouvertes.

Peu marquées dans le paysage, ces différences se rencontrent plus facilement au fond du verre… puis dans la bouche du gourmet.
Les vins de Jurançon, joyaux lentement façonnés par des orfèvres patients, amoureux du plaisir de partager le fruit de leur travail et de leur art, se font plus doux ou plus acidulés, plus parfumés ou plus vifs  : notes aériennes de fleurs blanches, sonorités envoûtantes de fruits exotiques, d’agrumes, pointes épicées ou rondeur mielleuse…

Quelques notes font mille symphonies… à déguster avec modération.

P.-S.